Construire l’avenir ensemble

Les communes d’Auenheim et Rountzenheim, dans le Pays rhénan, ne feront bientôt plus qu’un. En février, les élus ont voté le passage en commune nouvelle. Les bans seront publiés le 1er  janvier 2019. Une formalité pour ces villages déjà très proches.

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La fusion entre les communes d’Auenheim et Rountzenheim en une commune nouvelle ne sera pas davantage qu’une formalité administrative d’après les deux maires, Joseph Ludwig et Bénédicte Klöpper. « Nous partageons déjà beaucoup de choses, l’église, le cimetière, le presbytère, les associations, le bulletin communal, les manifestations comme la fête des personnes âgées, le 14-Juillet, le nettoyage de printemps… », liste Joseph Ludwig, qui rappelle que les deux clubs de foot ont fusionné dans les années 1970.

« À l’époque, on voulait que club porte en premier le nom de la commune dont était issu le président », se souvient l’élu. En 2007, les communes ont accordé leur bourse pour construire l’Espace Vauban (salle festive) au cœur des deux villages.

« Auenheim et Rountzenheim sont deux communes qui, de par leur histoire et leur géographie, ont toujours été maillées socialement. Catholiques et protestants fréquentent la même église et les enfants la même école, la maternelle à Auenheim et la primaire à Rountzenheim », renchérit Bénédicte Klöpper.

En fait, seule la partie administrative n’est pas mutualisée. « Le Sivu (syndicat intercommunal), qui permet aux deux communes de gérer l’Espace Vauban et le périscolaire, va disparaître, ce qui facilitera les tâches administratives. Nous n’aurons plus qu’une comptabilité, une facture et, pour ce qui est du matériel, qu’un seul tracteur plus puissant. À la fin, c’est un gain de temps et des économies », estime l’élue qui souligne que « l’idée est de mutualiser nos forces, nos moyens et personnels, de répartir autrement les charges de travail et de permettre aux gens de se professionnaliser ». Et de préciser d’emblée que ce mariage n’entraînera aucune suppression de postes : « Lorsqu’une commune nouvelle est créée, les conseillers municipaux restent en place jusqu’aux prochaines élections. » Aussi, passer à une grosse commune de près de 2 000 habitants permettra de « renforcer la représentation du territoire auprès de l’État, des autres collectivités et de l’intercommunalité ».

Des arguments qui n’ont pas toujours convaincu.

Tentatives échouées

Deux tentatives de fusion ont déjà échoué, la première dans les années 1980, la seconde en 2016. Cette fois, le projet de fusion n’a pas non plus fait l’unanimité mais a tout de même été validé le 15 février dernier par les deux conseils municipaux avec 18 voix pour, cinq contre (4 à Auenheim) et deux abstentions (Auenheim). Des réticences liées, d’après les élus, à la crainte d’une perte d’identité des villages. « Il peut y avoir un problème de confiance entre les équipes municipales. Aussi, les gens sont attachés à leur clocher et ont peur que le plus grand mange le plus petit », avancent-ils.

Le plus grand, c’est Rountzenheim, qui compte un peu plus de 1 000 habitants représentés par 13 élus et s’étend sur plus de 6,5 km². Un peu plus au sud, de l’autre côté de l’ancien canal Vauban, se trouve Auenheim, environ 900 habitants représentés par 14 élus et d’une superficie de 4,24 km². « Nous avons à peu près le même budget et les mêmes taxes, il y aura une variation minime de 10 euros par an pour une famille de quatre », tient à rassurer Bénédicte Klöpper.

« Il faut que les gens aient confiance dans le projet, que les deux équipes aient envie de travailler ensemble. S’il n’y a pas de volonté commune, on n’avancera pas », souligne la maire de Rountzenheim, qui ajoute que « le but de cette fusion est surtout de pouvoir échanger, de mener une réflexion sur l’avenir de notre territoire, de le développer avec de vrais projets communs ».

Projets communs

Parmi eux, l’aménagement du parking de la gare de Rountzenheim et la construction d’un périscolaire intercommunal de 50 places à proximité de l’Espace Vauban (chiffré 2 M€). Lequel périscolaire pourra du coup bénéficier de 260 000 € via un fonds de concours de la communauté de communes du Pays rhénan. Autres avantages financiers de cette commune nouvelle : le maintien des dotations de l’État, un bonus de 5 % sur la DGF (8 000 € par an) ou encore le versement du fonds de compensation la même année des dépenses.

En attendant sa création officielle le 1er  janvier 2019 – après un arrêté de la préfecture –, les élus vont s’attacher à mettre en place l’organisation et le fonctionnement de la future commune, dont la mairie sera à Rountzenheim (bâtiment aux normes d’accessibilité) – celle d’Auenheim fera office de mairie annexe. Les 27 élus siégeront ensemble. Une fois les bans publiés, ils éliront le maire et le maire délégué qui officieront ensemble jusqu’aux prochaines élections municipales, en 2020.

Reste encore à trouver un nom : « Rountzenheim-Auenheim », « Auenheim-Rountzenheim » ? Trop classique, long et susceptible de déplaire… Les enfants seront consultés ( lire ci-dessous ) et les habitants auront l’occasion de soumettre leurs idées lors de la réunion publique sur le projet, ses modalités, sa mise en œuvre, le 24 mai, à 18 h, à l’Espace Vauban.

L’arrondissement de Haguenau ne compte à ce jour qu’une seule commune nouvelle, celle de Val de Moder. Elle regroupe trois communes : La Walk, Uberach et Pfaffenhoffen, soit 5 157 habitants. Le projet d’union annoncé en 2015 entre Roeschwoog et Leutenheim a finalement échoué.

source :https://www.dna.fr/edition-de-haguenau/2018/04/06/construire-l-avenir-ensemble

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